Peu de remous lors des AG 2016 des groupes français, hors Renault

Les actionnaires ont largement soutenu les propositions des conseils d’administration lors des assemblées générales cette année, à la notable exception de celle concernant la rémunération du patron de Renault qui a fait polémique, selon une étude publiée mardi.

Au total, 90% des résolutions ont été votées avec plus de 80% d’approbation, relève cette étude réalisée par l’Hebdo des AG qui a passé en revue 104 assemblées générales d’entreprises du SBF 120 tenues à ce jour.

En parallèle, les résolutions rejetées sont en forte diminution, au nombre de 17 contre 44 en 2015.

« Les sociétés récoltent aujourd’hui les fruits de plusieurs années de travail en amont, de contact avec les investisseurs et les +proxy+ (sociétés de conseil aux actionnaires, NDLR) très influents, comme ISS – mais elles expérimentent aussi que dès qu’une proposition s’écarte du moule, elle a une forte probabilité d’être rejetée », explique Bénédicte Hautefort, éditrice de L’Hebdo des AG.

Cette saison d’AG a toutefois été marquée par les remous suscités par la rémunération du PDG de Renault Carlos Ghosn, débouchant sur une loi qui va rendre contraignant le vote des actionnaires en la matière.

Début mai, le conseil d’administration du groupe Renault est passé outre le vote consultatif des actionnaires qui s’étaient prononcés à 54,12% contre la rémunération de 7,251 millions d’euros.

« Le cas Renault a été structurant: les actionnaires seront désormais souverains dans les assemblées françaises, comme ils l’étaient déjà dans les autres pays », souligne Bénédicte Hautefort.

Selon elle, « certains dirigeants ont fait le choix inverse de celui de Carlos Ghosn: ils ont proactivement renoncé à une part de la rémunération accordée par les actionnaires, une première cette année ».

Autre point mis en avant, les PDG sont devenus minoritaires, une majorité de sociétés ayant dissocié les fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général.

Les PDG ne sont plus que 19 dans le CAC 40, ce qui implique que le discours du patron « n’est plus une figure imposée » lors des AG, montre l’étude.

« Plusieurs facteurs expliquent l’absence remarquée du +discours du Président+ dans de nombreuses assemblées cette année. D’abord, le passage à une gouvernance dissociée: quand Président et Directeur Général se partagent le pouvoir, qui est légitime pour prendre la parole sur la stratégie de l’entreprise ? », explique Bénédicte Hautefort.

Elle évoque également « la réticence à s’éloigner d’un script vérifié par les avocats ».

Enfin, l’étude montre que l’ambiance des AG est plus studieuse, avec moins de cadeaux et de cocktails et une présence des syndicats qui se fait dans le calme.

Pour l’éditrice de l’Hebdo des AG « le climat social y est courtois, et pourtant ces assemblées se sont tenues dans un contexte de grèves multiples à Paris ».