L’Edito de Bénédicte Hautefort, l’Hebdo 130

AG 2017 : climat de défiance, actes de confiance.

Ce printemps 2017 est paradoxal : les mêmes entreprises, simultanément, donnent des signaux de défiance extrême, et posent des actes prouvant leur solide confiance en l’avenir. Com-ment gérer cette dichotomie ?Les entreprises sont mises sous tension par la situation géopolitique. Qui votera à leurs assemblées générales dans quelques semaines ? Où seront alors les capitaux britanniques et américains ? Que vont faire les asiatiques et les moyen-orientaux ? L’euro est-il pour eux aujourd’hui zone-refuge ou zone à risque ? Le risque est que ces investisseurs internationaux, concentrés sur les questions géo-politiques, s’en remettent pour voter aux recommandations des « proxy », ces agences de recommandation de vote que les entreprises ont, ces dernières années, souvent mis en cause, préférant un dialogue avec leurs actionnaires.

Elles s’inquiètent, aussi, du cas Safran. Est-ce un cas isolé ou le signal d’une nouvelle salve d’activisme? TCI, l’un des premiers actionnaires du groupe, a menacé, par voie de presse, les administrateurs de Safran d’une mise en cause personnelle sur l’opération Zodiac. Parmi ces administrateurs, l’Etat. Une première dans l’histoire française. Enfin, à deux semaines du coup d’envoi de la saison des AG 2017, le législateur accroît la responsabilité des conseils d’administration. Mais le texte est flou : quelles sont les conséquences pratiques dès les AG 2017 ? Laurent Joubert, avocat au Cabinet Veil-Jourde et membre du conseil juridique de l’Association Nationale des Sociétés par Actions (ANSA), décrypte pour nous la nouvelle loi sur le devoir de vigilance mère-fille..Et malgré tous ces motifs d’inquiétude, les entreprises affichent leur confiance. Le dividende, nerf de la relation avec les actionnaires, n’a jamais été aussi élevé. Aldo Sicurani, Président de la Fédération Française des Clubs d’Investissements (F2iC), analyse les chiffres de cette année : les entreprises françaises sont plus nombreuses à verser des dividendes, plus élevés, avec un recours à l’acompte plus fréquent. Signe de bonne santé financière, une excellente nouvelle donc