L’Edito de Bénédicte Hautefort, l’Hebdo 131

Moins de mesures anti-OPA, davantage de mobilisation anti-activiste

Ce printemps, entreprises et investisseurs internationaux jouent un jeu complexe. La montée régulière du CAC 40 démontre l’appui des investisseurs aux entreprises ; c’est le fruit d’un travail de fond. Bons résultats opérationnels certes, mais aussi dividendes importants, et gouvernance au cordeau. Le recul des mesures anti-OPA dans les ordres du jour des assemblées cette année a valeur de symbole : les investisseurs les exigent, alors qu’ils n’ont jamais initié aussi peu d’opérations. Ils veulent, surtout, que les entreprises démontrent qu’elles sont à leur écoute, jusqu’à se rendre vulnérables. En échange, ils défendront, le cas échéant, les entreprises contre des initiatives activistes.

Les mesures anti-OPA se font rares en Franc
e : 50% de moins qu’en 2016. Notre Enquête de cette semaine le démontre. Et pourtant, l’Etat français, comme tous ses pairs, fait tout pour que les entreprises se protègent, en mettant un arsenal législatif à leur disposition. Mais cette année, les entreprises, dans leur grande majorité, oublient les bons Breton et désactivent la loi Florange sur leurs autorisations financières. La priorité 2017 est se prémunir contre l’activisme, ce phénomène diffus par lequel un investisseur prend à partie l’entreprise, la place financière et l’opinion publique, pour pointer ce qu’il perçoit comme une déficience de l’entreprise. Vu de l’extérieur, il est difficile de savoir si l’activiste est purement spéculateur et s’en ira sa plus-value réalisée, ou s’il a des intentions stratégiques, sans avoir l’intention de lancer une OPA. Où classer, par exemple, TCI dans le cas Safran ?

Les Conseils d’administration sont sous pression. Le cas TCI/Safran en est l’exemple : TCI menace de mettre en cause la responsabilité des administrateurs de Safran. Etienne Mathey, avocat associé chez Paul Hastings, est notre Expert cette semaine : son opinion est qu’une action juridique contre les administrateurs a « une probabilité non négligeable » d’être engagée, bien qu’elle ait peu de chance d’aboutir. A chaque administrateur, désormais, de se préparer à ce cas de figure.

Afficher un cours de bourse qui reflète au mieux la valeur de l’entreprise est la meilleure prévention contre l’activisme, affirme Grégoire Chertok, associé-gérant chez Rothschild & cie, notre Invité de cette semaine. A chaque entreprise de choyer ses actionnaires, pour être bien valorisée. Soigner les volets finance et gouvernance, y compris dans le détail des ordres du jour d’assemblée générale.

Bonne lecture !