CAC 40: les administratrices aussi ont tendance à cumuler

« Le board est tout à fait conscient qu’il doit retrouver un meilleur pourcentage de femmes ». Le 17 mai, à l’assemblée générale de Carrefour, Georges Plassat répond à une actionnaire qui s’étonne que son conseil d’administration ne compte que 25% de femmes, contre 38% en moyenne dans le CAC 40. Et ce alors que le Code Afep-Medef a fixé à ses adhérents le cap de 40% dès juin 2016, et que la loi Copé-Zimmermann de 2011 impose le même pourcentage, mais sous forme de quota obligatoire, pour juin 2017 aux entreprises cotées et à celles de plus de 500 salariés, ou dont le chiffre d’affaires est supérieur à 50 millions d’euros. Le rendez-vous du Code patronal a été manqué par certains adhérents. Dans un an, seront- ils en règle avec la loi?

Au sein du CAC 40, certains ont devancé l’appel, comme le constate l’étude d’Eric Salmon & Partners: Kering affiche un taux de 64% de femmes administratrices, EDF de 62,5%, Engie de 60% et Publicis de 54,5%. Mais, à l’instar de Carrefour, certains restent en queue de peloton, tels Crédit agricole (27%), Pernod Ricard (29%) ou Renault (26%),où la présence de l’Etat actionnaire devrait pourtant inciter au respect de la loi. « La France avait beaucoup de retard, relativise Lorraine Kron du Luart, associée du cabinet et auteure de l’étude. Les femmes ont aussi été un peu difficiles à persuader, car elles sont intéressées, mais veulent être certaines d’avoir les moyens de mener leur tâche d’administratrices ».

Selon Bénédicte Hautefort, éditrice de L’Hebdo des AG, au total, « deux tiers des entreprises du CAC 40 passent le cap, et un tiers ne le passe pas », sachant que le schéma est à peu près le même dans les entreprises plus petites. Si l’arrivée de femmes a rajeuni les conseils, reste à savoir comment diversifier leurs profils, car « il faut en nommer encore beaucoup », rappelle Lorraine Kron du Luart. Car, pour Guy Le Péchon, président de Gouvernances & Structures, « ce sont toujours un peu les mêmes », telles Clara Gaymard (LVMH, Veolia, Danone, Bouygues) ou Monique Cohen (Hermès International, JCDecaux, Safran, BNP Paribas). Les économistes, comme Laurence Boone (Kering) ou Natacha Valla (LVMH), ont depuis peu le vent en poupe.