Assemblées générales 2016 : les dividendes au centre des intérêts 

Selon l’Hebdo des AG, malgré les nombreux dividendes exceptionnels octroyés, le recul de ceux versés en actions a suscité le mécontentement des actionnaires individuels. En outre, les conflits d’intérêts sont le nouveau point de vigilance des investisseurs et des entreprises.

Les saisons des assemblées générales des actionnaires se suivent et ne se ressemblent pas. En effet, des sujets qui n’en étaient plus l’an passé, ont fait leur retour sur le devant de la scène tandis que des points, autrefois de vigilance, s’estompent peu à peu. Ainsi, selon le bilan de l’Hebdo des AG à paraître ce soir, alors qu’en 2015 les dividendes n’avaient pas fait partie des volets sensibles, le millésime 2016 a inversé la tendance. Malgré les

dividendes exceptionnels versés d’un montant unitaire en hausse de 31%, le recul de ceux octroyés en actions (par 17 sociétés, contre 23 en 2015) a suscité le mécontentement des actionnaires individuels.

« Les sociétés, disposant de fortes liquidités, ont été moins nombreuses cette année à proposer un dividende en actions, décevant ainsi les attentes de nombreux actionnaires individuels qu’elles avaient sollicités en 2009 par exemple, année de tension sur le cash, explique l’étude. Notre sentiment est que ces allers-retours sont dommageables pour l’image de l’entreprise. Quel que soit le contexte fiscal, le choix de verser un dividende en actions montre la volonté d’engagement à long terme des actionnaires ; c’est encore plus sensible quand il s’agit des actionnaires salariés ».

Autre point saillant mis en avant par l’Hebdo des AG : le discours du Président n’est plus une figure imposée. Seulement 15 dirigeants du CAC 40 et 18 du Next 80 ont utilisé l’AG pour le prononcer. Les patrons vont donc être amenés à trouver une autre tribune d’expression. En outre, le CAC 40 ne compte plus que 19 PDG (40 pour le Next 80), ce qui est un effet direct de l’internationalisation du capital, selon l’étude. Et hormis, le cas Renault, les patrons n’ont pas eu à souffrir de votes négatifs sur leurs rémunérations. La majorité des « say on pay » ayant dépassé les 80%, contre 75% en 2015.

L’Hebdo des AG constate également que la prévention des conflits d’intérêts est un point de vigilance, autant du côté des actionnaires que des entreprises. Il y a eu par exemple 43 sujets de conventions mère-fille cette année (comme Kering/Artemis, Vivendi/Maroc Telecom), contre 29 en 2015. Du côté des actionnaires, deux rejets ont été enregistrés contre 1 en 2015 et les projets ont été votés à une moins forte majorité que l’an passé.

Plus globalement, la durée de ces grands raouts a été quasi égale à celle de l’année précédente (2H26 en moyenne pour le SBF 120, dont 2H44 pour le CAC 40). Les 13 minutes de temps de parole (perspectives, questions/réponses) perdues en 2016 ont été transférées vers le temps des exposés obligatoires. Ces derniers ont d’abord portés sur la gouvernance (89% des sociétés), puis sur le plan de croissance de l’entreprise (digital, nouveau thème de l’année), avant l’innovation et les relais de croissance internationale. A noter que cette année les cocktails et autres cadeaux ont quasiment disparu, signe d’une ambiance plus studieuse voulue par les entreprises.